C'est qui?

Perdu de Recherche

Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>
Mardi 16 juin 2009 2 16 /06 /Juin /2009 07:26
   Enfin le week-end, avec ses moments de détente, ses sorties, ses soirées… surtout ses soirées ! Aïe ma tête… En ce samedi matin ensoleillé, je navigue entre deux eaux (eau du robinet et haut-le-cœur). Quelle merveilleuse idée j’ai eu d’acheter ces grosses enceintes et d’inviter quelques copains pour les tester toute la nuit… Mais ceci n’est pas le sujet de mon article, parce que vous savez très bien ce que ça donne quand je suis en forme le vendredi soir. Je reviens donc à mon samedi ensoleillé. Après avoir erré dans la maison comme une âme en peine jusqu’en début d’après-midi, j’ai fini par prendre mon courage à deux mains et mon mal de tête à bras le corps pour sortir affronter le soleil californien. Direction Bodega Bay.

   Ce petit village de pêcheurs est situé au Nord de San Francisco, sur la côte, à 1h d’American Canyon. Le routard ne s’étend pas trop sur le sujet, mais ça ne nous (Guillemette et moi) empêche pas d’aller voir ce qu’il s’y passe. Après une heure de Highway, nous sortons enfin sur les petites routes, nous enfonçant dans la campagne. Et quelle campagne ! j’ai l’impression d’être dans un film américain : de grandes fermes isolées avec leurs troupeaux de vaches, des collines à perte de vue, le tout couronné d’un magnifique ciel bleu. La Californie ne résume pas à ses grandes villes et au cinéma Hollywoodien. La Californie, c’est aussi la campagne, les vaches et les beaux paysages encore verdoyants que les grosses chaleurs n’ont pas encore affectés.

   Arrivées sur la côte, c’est le bleu du Pacifique qui nous éblouit. Nous nous promenons sur le port, rencontrons des pêcheurs de crabes qui veulent nous vendre des tourteaux encore vivant. Entre l’oscillation du ponton, l’odeur de poisson, l’idée de manger un crabe, mon estomac n’a pas mis longtemps à me rappeler que j’avais (un peu) abusé la veille… Tout au bout du ponton, je peux apercevoir des phoques (ou des lions de mer ?). Mais attention, des vrais phoques, pas des phoques à qui on a appris à donner la patte pour une sardine. Celui-là, il crie quand il veut, et il crie un peu trop d’ailleurs…



   Quelques kilomètres plus loin, nous trouvons un petit parking et le départ d’un sentier de randonnée. Nous nous aventurons donc dans les hautes herbes, en suivant le petit chemin qui nous mène jusqu’au bord de la falaise, sur laquelle les vagues viennent lécher les rochers. D’ici, nous dominons la petite baie de Bodega. Alors que je marche le nez au vent, savourant toutes ses odeurs délicieuses (je suis beaucoup plus sensible aux odeurs depuis que j’ai arrêté de fumer, donc j’utilise ce nouveau sens avec délectation !), j’entends un bruit pas loin de mes pieds. Je m’arrête et tombe nez à nez avec un serpent. Je ne sais pas lequel des deux a été le plus surpris, mais je vous garantis que j’ai tapé des pieds et parlé très audiblement jusqu’à ce que les herbes soient rases ! La balade est magnifique. Le petit chemin longe la falaise de très près. De l’intérieur de la baie, nous nous retrouvons sur la côte Pacifique, qui nous offre une ligne d’horizon bleue, où le ciel et l’océan deviennent difficiles à distinguer. Quand je pense que derrière cette ligne, il y a l’Asie… Ça sera ma prochaine destination !




   Après avoir fait le plein d’air marin, nous décidons de nous lancer à l’assaut de la Highway 1. La « one » pour les intimes. La one est la route qui longe la quasi-totalité de la côte Californienne, du Nord de l’état au Sud de Los Angeles. Elle est relativement sinueuse et ne ressemble pas du tout aux longues routes toutes droites si célèbres. Nous redescendons donc en direction de San Francisco, enchaînant les petits virages dans un paysage de rêve : une vraie publicité ! De plus, la Beetle tient magnifiquement bien la route, ce qui ajoute le plaisir de la conduite au plaisir des yeux. Il faut absolument que je me trouve une moto pour faire cette route… En chemin, nous faisons une pause ravitaillement dans un petit village. Indescriptible… L’hôtel en bois avec les vieux assis sur les rocking-chairs, sur le perron ; la banque au toit plat et à la grosse enseigne (la même que dans Lucky Luc !), le ranch aménagé en supérette, entièrement en bois, avec des enseignes lumineuses faiblardes. Le tout placé le long de la Highway, avec en fond un réservoir d’eau rouillé ! Je suis morte de rire. Je m’attendais presque à ce que la gérante du magasin me prépare elle-même mes chips à l’ancienne !



   La journée s’est donc achevée ainsi, sur la Highway 1, à proximité de San Francisco. J’ai découvert encore un autre visage de la Californie, un visage plus typique et moins surfait que celui que je vois la semaine ou en ville. Je n’ai qu’une hâte, terminer la semaine pour pouvoir recommencer le week-end prochain. Je me surprends même à préférer une expédition dans la nature plutôt qu’une journée en ville…



plus de photo en cliquant sur le lien
Par Jju - Publié dans : Tripping - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires
Mardi 9 juin 2009 2 09 /06 /Juin /2009 08:16
    On prononce « Yosemiti ». À 4h de route d’American Canyon, ce parc national a été notre hôte le temps d’un splendide week-end. Il faut savoir que les campings et tous les logements proposés dans l’enceinte du parc s’arrachent à prix d’or plus de 6 mois à l’avance. Nous avons donc été extrêmement chanceux de pouvoir trouver cette yurt à 30 minutes de l’entrée Nord, lors de la saison qui révèle le mieux la beauté de la nature : le printemps.

    Samedi matin 6h, les collocs et moi-même chargeons la Beetle et nous élançons encore ensommeillés sur les grandes routes interminables de Californie. Nous traversons des paysages atypiques, qu’on ne rencontre ni dans la Napa Valley, ni aux alentours de San Francisco. Certaines régions sont quasi désertiques : les arbres sont secs et l’herbe est déjà brûlée par le soleil. Une maman coyote et son petit gambadent le long de la route. Nous traversons un champ d’éolienne. Le soleil tape déjà fort malgré l’heure matinale. 2h heures plus tard, nous retrouvons un couple de collègues à leur hôtel. Le temps d’un petit-déjeuner chapardé, et nous revoilà sur les routes. Nous passons devant le plus ancien Saloon de Californie, tout en bois, avec ses portes battantes. J’aurais bien aimé m’y arrêter boire une chope de Bud sur le comptoir crasseux, chaussée d’une paire de bottes à éperons et coiffée d’un Stetson. Je m’y crois déjà !

     Arrivés au camping, nous abandonnons la Beetle et montons tous dans le truck de Joe. À 5 dans ce monstre à quatre roues motrices, nous entamons les routes de montagne et franchissons les cols au rythme de vieux rock américain. Les routes sont sinueuses mais bien entretenues, bordées dans grands sapins. Plus nous montons, plus la température baisse et le ciel se couvre. Nous arrivons enfin dans le parc. Nous continuons à rouler au milieu des conifères, lorsque le paysage se dégage et nous offre une vue incroyable sur la vallée. C’est immense… Je n’en crois pas mes yeux. Un « whaouuuu » commun nous échappe et nous nous arrêtons sur le côté pour admirer la vue. Le ciel est chargé de nuages menaçants, donnant au spectacle une ambiance particulière et impressionnante. On se sent petit dans ces moments-là… Nous reprenons notre chemin jusqu’au prochain point de vue, encore plus beau que le premier. Au fond de la vallée, on peut maintenant distinguer un torrent. En amont : une immense cascade (toute petit vue d’ici). Et les nuages toujours plus bas, accrochés aux flancs des montagnes. J’ai l’impression d’être sur le plateau du Seigneur des Anneaux. Il n’y a pas de mots pour décrire ce que je vois. Je comprends mieux pourquoi tout le monde a passé la semaine à me dire que j’avais de la chance d’aller là-bas. Nous passons la fin de la matinée à nous enfoncer dans la vallée, nous arrêtant de temps en temps pour quelques clichés. Arrivés en bas, nous descendons le long de la rivière. Le courant est fort et l’eau est claire. Je me demande s’il y a des saumons… Je rigole en approchant ma main de l’eau : j’ai maintenant l’impression d’être dans la publicité pour le saumon en boîte Jon West (celle avec le type qui se bat avec un ours pour lui voler le poisson qu’il vient de pêcher. « look, an eagle ! » hahaha). Je remonte la rivière à pied, la tête dans les nuages, les yeux écarquillés, subjuguée par toute cette beauté… et les pieds dans l’eau ! Hi, c’est froid !

     Nous abandonnons le truck sur un parking, en prenant garde de ne laisser aucune nourriture ou cosmétique (parfum, dentifrice…) dedans. En effet, les ours du Yosemite ont la fâcheuse tendance de confondre les véhicules et les boîtes de conserve. S’ils sentent de la nourriture (ou du dentifrice), ils éventreront sans scrupule votre voiture afin d’atteindre le butin. L’ancien directeur d’Alcan en a fait les frais ! Sacs sur le dos, chaussures de randos aux pieds et appareils photo à porter de main, nous empruntons un sentier balisé qui nous amène au pied d’une cascade. Il a plu ces derniers jours, et la fonte des glaces est encore d’actualité, ce qui nous vaut le plaisir de pouvoir admirer des chutes d’eau dignes de ce nom. Je n’ai rien contre les cascades du Hérisson, mais là franchement c’est une autre dimension ! Toute la balade est ponctuée de paysages tous plus impressionnants les uns que les autres. Je mitraille avec mon nouvel appareil numérique. C’est l’idéal pour tester tous les réglages de ma dernière acquisition. Un bruit saccadé me fait sursauter : un woodpecker selon Joe. Je veux voir Woody Woodpecker !!! Mais il refuse de se montrer… Le temps n’est pas propice aux rencontres aujourd’hui. Vivement demain.




    Nous rentrons au camping, où nous prenons possession de notre yurt. Ce soir c’est barbecue ! On débouche une bouteille de vin blanc. J’ai d’ailleurs vu le grand intérêt du bouchon à vis d’Alcan : pas besoin d’aller voir le voisin pour lui demander un tire-bouchon ! C’est bon, je suis convaincue. Je ne dirai plus de mal du bouchon à vis, qui peut s’avérer être une bonne alternative au bouchon de liège. Bon, j’arrête de vous vendre ma salade… Sur le feu, nous dégustons LE dessert préféré des Américains en camping : les s’mores. Le concept est simple : prenez un biscuit (spécial s’mores) genre granola, mettez un carré de chocolat au lait dessus, ajoutez un shamallow grillé, et couvrez d’un deuxième biscuit. Et ça fait un s’mores ! C’est bon, c’est sucré, c’est tiède et ça colle aux dents. Tous les Américains connaissent et en sont fan. C’est encore plus populaire que le camembert au feu de bois ou les pommes de terre à la braise chez nous ! On peut même acheter des packs « spécial s’mores » dans les supermarchés ! La soirée se termine lorsqu’un employé du camping vient nous voir pour nous dire de baisser le volume. Soit, je me tais, mais s’il vous plaît, je ne veux pas une deuxième main courante : les policiers de Dijon m’ont promis une amende de 350 euros si quelqu’un reportait plainte contre moi !

     Dimanche matin, je suis debout aux aurores. Impossible de dormir avec notre voisin qui ronfle comme un ours ! Joe nous prépare un petit-déjeuner à l’Américaine. Guillemette et moi préférons les biscuits des s’mores, tartinés de Nutella. Le soleil est au rendez-vous, et nous apprécions ce précieux moment sous les rayons matinaux. Boire son café au soleil du matin, étalée dans un fauteuil, les pieds dans l’herbe, je ne sais pas ce qu’il faut de plus pour bien commencer sa journée !

     Après avoir ranger toutes nos affaires, nous repartons à l’assaut du Yosemite park, pour une deuxième randonnée, ensoleillée cette fois. La ballade est courte (en distance) mais je ne vous parle pas du dénivelé ! Les paysages sont une fois de plus, époustouflants. Le soleil est radieux. Sur les chemins et dans les talus, des écureuils gambadent. Ils ne sont pas sauvages, et s’approchent volontiers des randonneurs pour quémander de la nourriture. Il y en a partout ! Moi je suis ravie, j’adore les écureuils, et j’adore les prendre en photo. À la fin de la journée, j’avais autant de photo de rongeurs que de chutes d’eau ! Nous arrivons au moment critique de la ballade. Le chemin disparaît et se transforme en petit escalier naturel. L’atmosphère s’humidifie et se rafraîchit. Quelques centaines de marches plus tard, j’aperçois la plus belle cascade que j’ai jamais vue. Je m’arrête pour apprécier la vue. Les gens escaladent le chemin tortueux en direction du sommet. Je ne réalise pas encore que cette voie de cailloux va me mener à la naissance de la chute d’eau et m’offrir une vue renversante sur la vallée. Je continue de monter. Des millions de petites gouttes m’entourent. Je suis rapidement trempée. J’escalade un rocher et m’arrête pour observer le pied de la cascade en contre-plongée. Un arc-en-ciel se forme à mes pieds et m’entoure à la manière d’un cerceau. C’est magique ! En face de moi, la majestueuse cascade s ‘impose avec violence et élégance. Finalement, qu’est-ce que je suis face à la toute-puissance de dame Nature ? Je ne représente qu’une petite goutte d’eau parmi tant d’autre, et encore… J’arrive finalement au sommet. Le paysage est reposant : les rochers sont plats et chauds, contrairement aux pierres mouillées et glissantes, aux arrêtes aiguisées du chemin. L’eau est calme et claire, contenue dans une cuvette. On aurait envie de s’y baigner. Les touristes pique-niquent entourés d’écureuils gourmands, des enfants jouent dans l’eau fraîche, un couple d’amoureux est assis sur un gros tronc à l’écart. Après l’agressivité de l’ascension, la nature, qui a revêtu ses plus beaux apparats, nous offre un petit coin de paradis et de tranquillité.

     L’heure de reprendre la route est arrivée très vite (trop vite !). Le retour à la réalité risque d’être douloureux… L’espace d’un week-end, nous étions en vacances, loin du mouvement de la ville, du bruit et de la pollution. Il faut que je retourne là-bas ! J’attends l’automne avec hâte, pour profiter d’un Yosemite flamboyant, après avoir découvert le Yosemite verdoyant.




pour plus de photo cliquez sur le lien
Par Jju - Publié dans : Tripping - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Mercredi 3 juin 2009 3 03 /06 /Juin /2009 06:28
    I did it! We did it actually...

    Alors j'annonce, Pierre et Soph, vous me devez une bouteille de Champagne chacun, et je n'accepte ni le Mum ni les imitations Californienne ! Je veux du Champagne franco-champenois, le seul, le vrai, l'unique.

    Ce matin, après avoir dormi 5h et m'être à peine remise de mon week-end de folie à Seattle, je suis allée au cours de Spinning de 5h30. J'étais d'une humeur massacrante, et Guillemette aussi. La nuit blanche de samedi et la courte nuit de dimanche n'a pas eu raison de nous, et le sommeil est resté introuvable une bonne partie de la nuit. En arrivant sur le parking du gym', je crois apercevoir une petite Jaguar nous dépasser. "Guillemette, je crois qu'il y a le chef. Si je te jure, j'ai vu la Jaguar. Je te dis que c'est une Jaguar!" Nous arrivons dans le hall. "Oh, bonjour Frédéric!" Il nous regarde ,encore dans le cirage, et nous demande ce qu'on fait là. Moi aussi je me pose la même question... Les challenges, c'est plus de mon âge! Le cours se passe sans encombre, et à 7h30 tapante je suis installée à mon bureau. Oui, je vais au sport à 5h30 du matin, oui je prends mon petit dèj chez Starbucks et je bois mon Cappucino dans la voiture, et oui je vais au boulot à 7h30 du matin ! C'est l'American lifestyle...

    La journée se passe difficilement. Je me branche une perfusion de caféine pour ne pas tomber de sommeil sur mon clavier. A 17h30, je suis de retour au gym'. Et dire qu'il y a exactement 12h, j'étais déjà là... J'enchaîne deux cours de suite, et m'effondre dans le sauna. Après l'effort, le réconfot. Je vous promets que ce n'est pas de la tarte, et que c'est à la limite de la témérité! Bref, je me dis que j'ai comme même gagner deux bouteilles de Champagne, et que je me suis moins ridiculisée que pour la dernière bouteille remportée lors d'un certain challenge...
Par Jju - Publié dans : Lifestyle
Ecrire un commentaire - Voir les 5 commentaires
Mardi 2 juin 2009 2 02 /06 /Juin /2009 07:35
    Le moment tant attendu est arrivé, nous partons pour Seattle. À 2h30 de route de Portland, la ville de Grey’s Anatomy m’appelle. J’espère que je croiserai le beau Docteur Sheperd… Le trajet entre les deux villes est magnifique : beaucoup de verdure, au loin se distinguent les premières chaînes montagneuses des Rocheuses, le tout sous un soleil radieux. Je rayonne ! Première chose lorsqu’on arrive à Seattle, on va au Space Needle, la grande tour en forme de capsule spatiale qui domine la ville. La vue depuis le haut est magnifique. Je mitraille de photos la ville et ses alentours. J’aperçois les ferrys nous reliant à Vancouver. La frontière canadienne n’est qu’à une heure. J’y crois pas, je suis vraiment à Seattle !!!

    Après avoir admiré la ville, Guillemette, Jeff et moi redescendons sur terre et allons visiter le Music Project museum, situé dans l’espèce de bâtiment psychédélique au pied du Space Needle. Il est censé représenter une guitare écrasée. Moi je ne vois pas de guitare, mais admire tout de même cette œuvre bariolée dont la structure ne comporte aucun angle droit. Original et très approprié pour le genre de musée que nous allons découvrir. Les expositions sont interactives et nous mènent sur l’histoire de la musique et les grands courants qui sont nés à Seattle et dans l’état de Washington. Jimmy Hendrix a une salle pour lui tout seul, et Kurt Cobain n’est pas bien loin. Dans le hall d’entrée, une immense colonne de guitares électriques (vrais et fausses) nous domine. Le musée nous fait ensuite voyager dans l’univers de la science-fiction. Pas spécialement fan, je survole les salles en me plaignant d’avoir déjà vu une bonne partie de l’exposition au musée du cinéma à Londres. Guillemette me fait remarquer que la majorité des visiteurs ne s’amusent pas à faire les musées aux quatre coins du monde. Et toc, ça m’apprendra à voyager et m’occuper de ma culture…


    Nous passons donc à une toute autre forme d’éducation : celle de notre palais. Jeff nous emmène dans un bar à vin (par définition, très classe, puisque le vin est un produit de luxe aux Etats-Unis). Au centre de la salle, une énorme colonne entourée d’un escalier en colimaçon, sur laquelle sont exposées des centaines de bouteilles de vin. Impressionnante collection. J’essaye de repérer des noms connus, des clients et le type de capsule utilisé (déformation professionnelle…). Nous nous installons au bar du premier étage, ouvert sur le rez-de-chaussée, donnant à l’endroit cette impression d’espace. Je déguste un cabernet sauvignon Washington AVA (American Viticultor Area, différent mais qui peut s’apparenter à nos AOC). Précision : il s’agit de l’état de Washington, dans lequel se situe Seattle, et non la ville appelée Washington DC. Je bois local ! En fait, nous buvons tous les trois du vin local, en appréciant la douceur d’un brie fondu dans des feuilles de brique… Mes papilles n’en peuvent plus ! Il est amusant de constater à quel point ce bar est particulier. Jeunes et plus âgés se côtoient autour d’un verre de vin. La carte est très fournie et propose des vins du monde entier. Les appetizers (des plats légers à partager en guise d’apéritifs) sont très raffinés. Niveau prix, je ne préfère même pas en parler… L’important, c’est d’apprécier ce bon moment, de découvrir de nouvelles saveurs et en se laissant envelopper par l’ambiance feutrée du bar.


    Changement de décor pour le dîner : n’ayant pas encore de salaire suffisamment fourni pour nous permettre de commander un plat dans un tel lieu, nous descendons sur le front de mer, admirer le coucher de soleil et nous régaler de poissons et fruits de mer dans un restaurant plus accessible. Un énorme yatch est amarré à nos côtés. Sur le pont, des dizaines d’adolescents en tenue de soirée se pavanent. Les garçons ont leur smoking assorti à la robe de leur cavalière : c’est « Prom » (bal de fin d’année des High Schools)! J’ai l’impression de vivre le film « The girl next door » ! Nous nous amusons de voir tous ces jeunes gens si bien habillés, sur leur yatch de luxe, boire du jus de fruit (pas d’alcool avant 21 ans, dommage pour eux…). Nous levons nos pintes à leur santé, et plongeons dans les assiettes que le serveur vient d’apporter.



    Repus, il est temps de penser à trouver un bar sympa pour passer le début de la nuit. Nous en trouvons horriblement cher à 10 minutes de marche de l’hôtel. Trop petit et trop bondé, le bar ne nous convient pas. J’arrête le premier taxi qui passe dans la rue et lui donne le nom d’un club que j’avais repéré sur Internet. Le chauffer nous dépose sur Pionner Square, LE quartier branché de Seattle. Je me heurte au videur du Last Supper, qui n’accepte pas ma carte étudiante comme preuve de majorité, et insiste pour voir mon passeport, que je n’ai pas sur moi. C’est la meilleure ! Même à San Francisco les portiers ne me posent pas autant de difficulté ! Un aller-retour à l’hôtel s’impose, et la course du taxi également. 15 minutes plus tard, je repasse fièrement devant le videur, mon passeport à la main. J’entre et me heurte cette fois à la caissière : « cash only, no debit card ». **gros soupir** Aucun de nous 3 n’a de liquide sur lui… Nous sortons et filons à la recherche d’un distributeur de billets. 5 minutes passent avant que nous repassions une troisième fois devant le videur, qui ne vérifie même plus nos passeports. Nous payons l’entrée, et accédons enfin à la piste de danse tant attendue ! Heureusement, la musique est super sympa. Nous restons là à danser sur les plots et faire les fous jusqu’à 2 heures, la fermeture officielle des clubs. Nous rencontrons trois américains très sympathiques, avec qui nous partons en quête d’un after. Les rues sont pleines de jeunes (plus ou moins sobres). L’ambiance est chaleureuse. Une fille me tend un flyer : j’ai trouvé un after !!! Nous entrons dans la boîte. La serveuse nous annonce qu’elle ne sert pas d’alcool après 2 heures. C’est quoi cet after daubé ? Et si on a soif ? Un de nos nouveaux amis nous propose d’aller chez lui pour boire du bon vin. Il a trouvé les bons arguments… Ni une, ni deux, nous sautons tous les 6 dans sa voiture et nous apprêtons à finir la soirée dans son immense duplex avec vue sur les montagnes. La classe mondiale !!! Il commence à sortir des bouteilles de vin, clients d’Alcan ou non (déformation professionnelle même à 3 heures du matin). Il est fou de faire des choses comme ça, il veut qu’on lui vide sa cave ? La soirée se prolonge dans la bonne humeur.


    Il est 7 heures, je commence à être fatiguée… Guillemette est rentrée à l’hôtel au moins 2 heures plus tôt. Moi je suis toujours là, et Jeff aussi. Nous avons admiré le lever du soleil depuis le balcon. Je vais peut-être aller dormir un peu… À 9h30, je suis tout à fait réveillée. Le problème avec les appartements des Américains, c’est qu’il n’y a pas de volets. Lorsque que le temps est découvert comme ce dimanche matin, la lumière est très vive, et malgré la fatigue je ne peux pas dormir dans ces conditions. Je réveille Jeff, qui a priori ne souffre pas du manque d’obscurité. Après un bon café, nous rentrons à l’hôtel, rendre les clés !!


    La journée se poursuit avec nos nouveaux amis. Nous airons sur Pike Market, un marché complètement déjanté, avec des statues de cochons de toutes les couleurs à chaque coin de rue. Avec nos 2 heures de sommeil respectif, nous n’avons pas fière allure, mais la bonne humeur est toujours là. J’ai la sensation de flotter. Je me sens vraiment bien dans cette ville. Mon week-end est merveilleux, je suis sortie dans des endroits géniaux, j’ai rencontré des gens accueillants, et je passe un dimanche hors du commun. Il y a 24 heures de cela, nous ne nous connaissions pas. Aujourd’hui, je peux sentir cette connexion très forte qui existe entre nous 6 et qui anime le groupe. Nous rions, prenons des photos et apprécions à 200% ce petit interlude dans nos vies. Ce soir, chacun repartira de son côté et reprendra sa vie, retournera au travail lundi matin, et gardera en tête tous ces merveilleux moments. Je me surprends à penser que je n’ai pas envie de rentrer à San Francisco, que je voudrais que ce moment continue encore et encore. J’ai l’impression d’être tombée dans une faille spatio-temporelle, je suis sortie de la matrix !!! Je ne suis pas prête d’oublier mon week-end à Seattle…



Par Jju - Publié dans : Tripping - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Lundi 1 juin 2009 1 01 /06 /Juin /2009 23:06
    Jeudi – 16h30
    J’éteints mon ordinateur, j’attrape mon sac à main, et je quitte le bureau, lunettes de soleil sur le nez. Week-end !!! J’ai posé un day off pour le lendemain, car ce soir je décolle pour Portland. Notre colloc Jeff a un appartement là-bas. La journée a vraiment été longue, et les tâches désagréables se sont multipliées. Après notre petite séance quotidienne de sport au fitness center, Guillemette et moi avons pris la route en direction de l’aéroport. La bonne humeur est au rendez-vous, et le fog aussi. Il peut bien rester tout le week-end s’il veut, nous on s’en fiche, on sera au Nord.

    À 22h30, nous décollons de San Francisco International Airport. C’est la première fois que je prends l’avion de nuit. La bay area by night est vraiment magnifique. Frisco est partiellement cachée par l’épais brouillard, et les lampadaires diffusent une lumière rouge-orangée qui donne à la ville un aspect inquiétant. J’ai l’impression de survoler les enfers. Je distingue les ponts, l’océan, et petit à petit nous nous enfonçons dans l’obscurité. Le vol est court : 1h30 seulement. Arrivées à Portland, Jeff nous récupère et nous ramène chez lui. On ne tarde pas trop à se coucher : le week-end promet de ne pas être de tout repos…


    Le lendemain, Guillemette et moi passons la journée à visiter la ville, pendant que Jeff travaille. Pas de day off pour tout le monde... Portland est situé tout au Nord de l’Oregon, état voisin de la Californie. À taille humaine, la ville est facilement praticable à pied, pour notre plus grand  bonheur. Les rues en quadrillage sont bordées de grands arbres. Une multitude de parcs et de fontaines ponctuent les grands axes. Nous tombons en plein festival de la rose. Il y a des manèges tout le long de la rivière, des vendeurs de snacks, des petits artisans qui exposent leurs produits, des animaux, des enfants qui pleurent, des obèses qui mangent des frites, du bruit, des couleurs et un soleil qui tape vraiment fort. La ville est très agréable, très verte, très relaxante. La qualité de vie est remarquable. Au loin, lors des journées sans nuage comme aujourd’hui, on aperçoit deux montagnes isolées, aux sommets enneigés : le mont Hood et le mont Ste Helena. La rivière Willamette, sur laquelle se reflètent les buildings, traverse la ville de part en part. Les quartiers du Sud-Ouest sont construits dans les hauteurs. Nous décidons de suivre la route qui mène dans ces beaux quartiers, aux immenses maisons perdues dans la verdure, et découvrons une vue imprenable. Plus nous montons, plus les maisons sont impressionnantes, et plus la vue est belle. Qui peut vivre ici ? Qui est ce mégalo qui s’est fait construire un château blanc ? et ce collectionneur de Porsche ? et qui s’est offert cet immense jardin japonais ? et toutes ses maisons à 4 étages ? Depuis le bas, on ne soupçonne pas que ces grands arbres sont en fait là pour préserver l’intimité des occupants du quartier le plus chic de Portland.


    En fin d’après-midi, Jeff nous retrouve et nous emmène dans LE gratte-ciel de la ville. A mi-chemin, au 30ème étage, le bar restaurant et ses grandes baies vitrées nous offre une vue à 360° (ou presque) sur la ville et ses alentours. Le soleil commence à baisser, la lumière est magnifique, idéale pour prendre de beaux clichés. Étalée dans un grand canapé en cuir noir, je sirote une bière locale en admirant le paysage. La fraîcheur de la climatisation et de ma boisson paraissent irréelles après cette journée très chaude. C’est même très surprenant : il fait beaucoup plus chaud ici qu’à San Francisco. Le climat est plus continental et surtout, il n’y a pas ce maudit brouillard qui vous oblige à porter un manteau le soir !


    Nous terminons cette agréable journée en terrasse d’un restaurant cubain, aux serveurs hauts en couleurs. Demain, le départ est prévu assez tôt… cap sur Seattle !!!!



Par Jju - Publié dans : Tripping - Communauté : Carnets-de-voyages
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus